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Hypnose & motricité : à la recoiffe de ses rotateurs

Nos épaules sont coiffées. Moins pour les protéger que pour les animer, les permettre de pivoter et de s’élever ou s’abaisser. Un ensemble de petits muscles coiffe donc le haut de l’humérus, l’os du bras allant de l’épaule jusqu’au coude. Tendon enflammé, micro-déchirures répétées, Tendon partiellement rompu ou tendon qui lâche, Sports à risques ou activités qui fâchent, Les rotateurs vivent mal d’être décoiffés. L’hypnose - et l’autohypnose - peuvent y aider. Comme détaillé dans ce compte-rendu plus que complet par un praticien expert en hypnose et en motricité, Jonathan Bel Legroux. Plus globalement, le mouvement et l’imagination font des merveilles une fois mis dans le même chapeau. Le cerveau ne fait pas la différence entre réalité et imaginaire. Imaginer faire un mouvement, c’est donc déjà le vivre un peu en soi. L’activation des aires cérébrales lorsqu’on imagine faire un geste est quasi-similaire à ce qui est observé lorsque ce geste est bel et bien réalisé. Imaginer bouger son biceps permet d'augmenter la masse musculaire d’un doigt - dans une certaine limite, la musculation imaginaire ne sera pas le prochain HIIT. Imaginer jouer une partition aide à mieux jouer tout court - sans garantie d'égaler immédiatement comme Sergei Rachmaninoff ( il a lui-même eu recours à l’hypnose, mais pour se sortir d'une phase de “partition blanche” après les débuts ratés de sa première symphonie ; bien lui en apris puisque s'en est suivi le très exigent Concerto pour piano n°2). Du côté des performances sportives, vivre une performance en imagination peut en appeler à tous les sens : ~ visualiser une prise de judo ou une chorégraphie aquatique, ~ ressentir le contact de la balle contre le tamis de la raquette ~ entendre le frottement de la flèche qui quitte l’arc, les tennis glisser sur la terre battue, ~ sentir le chlore du bassin ou l’herbe du terrain, ~ (re)goûter la saveur de la banane au dernier changement de côté d’une finale - ou la sauce moutarde du hot-dog des derniers championnats ( chacun sa discipline ), … Qui dit mouvement dit aussi temps. Ces deux-là sont par essence imbriqués. Dans le cas des mouvements imaginés, le temps est plus fluctuant : ~ les cerveaux experts dans leur domaine atteindront l’accord quasi-parfait entre la durée réelle d’un mouvement et le mouvement imaginé, ~ les débutants auront tendance à l’accélérer, les plus confirmés à le ralentir. Le tempo imaginaire varie aussi selon les mouvements imaginés : un franchissement d’obstacle séquencé ou un puissant frappe de bois, un parcours de ski visualisé en temps réel ou un soulevé de terre haltérophile, un salto arrière glacé ou un plongeon acrobatique. Décomposer un geste en plusieurs mouvements. Accélérer pour automatiser. Ralentir pour fixer. Le temps de l’imaginaire couplé au temps de l’entraînement fluidifie autant le temps de la performance que le seul plaisir sportif. Si les gestes peuvent s’améliorer, le corps peut aussi s’en trouver plus heureux : ~ moins d’arythmie chez des gymnastes, ~ moins de bradychardie chez des rugbymen, ~ moins de perte musculaire ( le cortex se réorganise, le corps mobilise moins d’effort pour le même geste ). L'imaginaire pour les sportifs, oui mais coiffés au poteau par la rééducation, brushée au plus haut. Avec deux ou trois grands principes : ~ réajuster des schémas moteurs dégradés par une blessure ou une maladie, ~ créer de nouveaux automatismes en impliquant notamment le membre opposé, souvent négligé, ~ créer de nouveaux automatismes en impliquant le muscle antagoniste, souvent négligé. En rééducation, les applications potentiellement bénéfiques sont, on l'imagine, légion : ~ en post-AVC, ~ en cas de lombalgie chronique, ~ dans les pathologies de la main, des chevilles, des épaules, des genoux, ~ dans les boiteries et déséquilibres du tronc et de la colonne vertébrale, ~ dans la spondylarthirte ankylosante et plus largement en cas d'arthrose ( gain d'amplitude articulaire, minimisation de la douleur ), ~ en prévention et en rééducation dans le syndrome de la coiffe des rotateurs. Sans oublier les corollaires moins purement moteurs que sont les émotions, l’appréhension, la cicatrisation, la guérison, la reprise des sensations, la douleur… Entre l’imaginaire des pensées et la réalité des gestes, la frontière serait donc bien moins épaisse que le plus fin des cheveux. Un plus un n’égale pas toujours deux. Pour sortir des approches un peu trop conformes, et viser un plus haut-de-forme.

𝑬𝒕 𝒔𝒐𝒏 𝒄𝒓𝒂̂𝒏𝒆, 𝒅𝒆 𝒇𝒍𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒂𝒓𝒕𝒊𝒔𝒕𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒄𝒐𝒊𝒇𝒇𝒆́ 𝑶𝒔𝒄𝒊𝒍𝒍𝒆 𝒎𝒐𝒍𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒔𝒖𝒓 𝒔𝒆𝒔 𝒇𝒓𝒆̂𝒍𝒆𝒔 𝒗𝒆𝒓𝒕𝒆̀𝒃𝒓𝒆𝒔. 𝐶ℎ𝑎𝑟𝑙𝑒𝑠 𝐵𝑎𝑢𝑑𝑒𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 / 𝐷𝑎𝑛𝑠𝑒 𝑚𝑎𝑐𝑎𝑏𝑟𝑒 - 𝐿𝑒𝑠 𝐹𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑑𝑢 𝑀𝑎𝑙





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