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Hypnose & lâcher prise : la grande illusion.

Lâcher.

Lâcher du lest : se délester de certains bagages, de certaines lourdeurs, d’un poids qui pèse sur les épaules et/ou dans la poitrine ou dans le ventre ( rarement dans le petit orteil, mais tout est possible ).


Lâcher comme on se lâcherait la grappe : larguer l’une de ses amarres, couper l’un de ces liens qui nous maintiennent empesés au sol là où l’on n’attend qu’une chose, pouvoir s’envoler - souffler - rien qu’un instant, voire plus longtemps.


Lâcher comme se sentir relâché(e), dans le corps-coeur-esprit-au-choix-ou-tous-ensemble : ressentir la légèreté d’un corps qui respire tout entier et où tout circule de manière fluide.



Mais lâcher … prise ?

Quelle prise ?

Seriez-nous donc tous des pêcheurs ?

( 𝐷𝑒𝑠 𝑝𝑒́𝑐ℎ𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑟𝑖𝑔𝑢𝑒𝑢𝑟, 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑐𝑟𝑜𝑦𝑎𝑛𝑐𝑒, ℎ𝑖𝑠𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑓𝑜𝑖 𝑒𝑛 𝑙’ℎ𝑢𝑚𝑎𝑛𝑖𝑡𝑒́ 𝑜𝑢 𝑝𝑎𝑠 … )


Alors quoi ?

Tout pêcheur que l’on est, que gagnerait-on à perdre ce que l’on a cherché à capturer, parfois avec efforts ( beaucoup pour les thons, un peu moins pour le posé à la sardine ).


Si ces poissons se nomment 𝑟𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛, 𝑙𝑜𝑔𝑖𝑞𝑢𝑒, 𝑟𝑒́𝑓𝑙𝑒𝑥𝑖𝑜𝑛, 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑜̂𝑙𝑒, 𝑚𝑎𝑖̂𝑡𝑟𝑖𝑠𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑖 𝑜𝑢. 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑖𝑡𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 ( ou 𝑊𝑎𝑛𝑑𝑎, et là c’est déjà plus amusant ), s’imposer de les lâcher relève du paradoxe : comme contrôler la perte de contrôle ?


Comment maîtriser le relâchement de la maîtrise de soi ?

Comment penser à penser différemment ?

Comment se forcer à ressentir différemment ?


Pour lâcher l’emprise de notre propre contrôle, faudrait-il donc être sous l’emprise d’un autre ?

Faudrait-il lâcher sa conscience et laisser le champ libre à un hypnotiseur ?

Faut-il se ( forcer à se ) laisser hameçonner par l’idée de donner le large à une autre raison ?

Faut-il se risquer à se retrouver à la merci d’un manipulateur d’esprit capable de vous faire faire la poule ou le canard - et pourquoi pas la carpe, et pourquoi jamais le dauphin ? - à des seules fins de divertissement ?



Il convient alors de ne pas se laisser prendre dans les filets de ce malentendu.

Entrer et vivre un état d’hypnose est bien loin du lâcher prise.

Bien au contraire : il s’agit de (re)prendre le contrôle.


Différemment.


Sur ce que l’on pense et ce que l’on perçoit de soi, des autres, du monde.

La traduction anglaise du lâcher prise, 𝑙𝑒𝑡𝑡𝑖𝑛𝑔 𝑔𝑜, s’en rapproche un peu mieux : 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒𝑟 𝑎𝑙𝑙𝑒𝑟.


𝐿𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒𝑟 𝑎𝑙𝑙𝑒𝑟 : choisir, décider, en étant en confiance, avec une personne et en lieu particuliers, de laisser aller et venir d’autres façons de penser, de voir, de ressentir.

S’autoriser à emprunter d’autres chemins, d’autres ressentis.

Laisser l’espace d’un moment l’emprise du réel pour explorer d’autres voies.

Celles de l’imaginaire, des souvenirs, des avancées souhaitées. des avenirs possibles.



Ne pas redouter de devoir réussir à lâcher prise pour entrer en état d’hypnose - ou laisser quelqu’un prendre le contrôle.

Bien plutôt décider, s’autoriser, se permettre de s’auto-hypnotiser.


Et le décider parce qu’on le ressent.

Parce qu’il s’agit de la bonne personne, du bon moment, de l’endroit adéquat pour le faire.



Une manière aussi de ne pas lâcher l’affaire quand l’horizon semble embué, englué, confus, sombre, pesant, empesé, sans mouvement, vidé d’une partie de la vie.

Ou tempétueux, agité, confus, en pleine mer démontée.


Une façon d’explorer par une autre approche d’autres ressentis, d’autres visions des choses et d’autres pensées sur soi, sur les autres, sur le monde.

Une approche que l’on aura choisie, une approche qui nous correspond.


De pêcheur, se faire saumon, capable de remonter le cours de ses propres rivières.

Ou bien dauphin, joueur et vivant le rire d'une curieuse manière.

Ou encore carpe, aux élans calmes et pacifiques.

Ou même poisson-zèbre, poisson-lune, poisson clown…

… hippocampe, anémone, méduse, homard, crevette, étoile de mer, sirène, Poséidon… des bien d’autres encore.


De pêcheur, se faire surfeur et faire corps avec ses propres vagues.

De pêcheur, se faire apnéiste capable de flirter avec ses véritables envies et sa propre folie des profondeurs.

De pêcheur, ne faire plus qu’un(e) avec ses propres lignes intérieures.

Et enfin, pour une fois, frayer selon sa propre liberté, le long de ses propres zigzags.


Avec soi, avec les autres, dans le monde.

Vivre comme un poisson dans un bocal est une perspective un brin nauséabonde.

Vivre comme un poisson dans l’eau en est une bien plus féconde.



𝘈̀ 𝘭’𝘪𝘯𝘷𝘦𝘳𝘴𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘦𝘴, 𝘭’𝘰𝘤𝘦́𝘢𝘯 𝘴𝘦 𝘳𝘦𝘵𝘪𝘳𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘢 𝘮𝘦𝘳 𝘨𝘢𝘳𝘥𝘦 𝘴𝘦𝘴 𝘱𝘰𝘪𝘴𝘴𝘰𝘯𝘴.

𝘗𝘪𝘦𝘳𝘳𝘦 𝘋𝘢𝘤





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