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Hypnose & dépenses : une protection insulaire

Dernière mise à jour : 21 févr.


Des rayons de supermarchés vidés par la panique et la peur de manquer, aupoint de voir se développer un marché noir du papier toilette ou de la farine dans des sociétés gâtées par l'abondance.

L'incertitude, la peur, l'anxiété, l'infobésité...

On le savait déjà : Homo economicus est loin d'être purement rationnnel au moment de faire ses emplettes, encore moins en temps de pandémie.


Comment décide-t-on de dépenser ou non au moment de « passer à la caisse » ?

Ou plutôt de « valider notre panier », expression qui colle de plus en plus à nos réalités numériques quotidiennes, Mais aussi aux processus de décision qui se jouent dans notre cerveau.


La vision d'un objet désiré active une zone clé du circuit de la récompense, le noyau accumbens. Ce circuit a été mis en place au cours de l'évolution pour nous récompenser, et donc nous motiver, à répondre à nos besoins humains fondamentaux comme se nourrir ou se reproduire - puis plus tard à d'autres nouveaux besoins (chocolat, pouvoir, likes, sex, drug & rock'n'roll ...).


Le noyau accumbens est donc activé. Le cortex préfrontal s'active alors, l'information émerge à la conscience. Les facultés de raisonnement et de jugement s'éveillent pour jauger le prix de l'objet désiré.


Mais dans le même temps ou presque, une autre zone entre en jeu : l'insula, temple cérébral de nos expériences sensorielles, de nos ressentis, donc de la conscience de soi.


Située dans les profondeurs de notre cerveau, le cerveau limbique, cette "île" est longtemps restée inexplorée par les aventuriers chercheurs. Le temps de l'exploration est arrivé et les découvertes sont assez fascinantes tant l'insula semble être un pilier de la conscience.


Sa position la place au carrefour de nombreuses routes sensorielles : nos ressentis les plus internes (les informations venant des viscères, des muscles, des os, des organes) en lien avec nos émotions fondamentales (peur, joie, colère, tristesse). Tout ceci influençant aussi bien notre perception de la douleur que certains aspects de notre personnalité... et nos décisions que l'on pense être les plus rationnelles.


Comme celle d'acheter ou pas : l'insula provoquerait comme une douleur (insola) par anticipation si le prix de l'objet désiré est jugé (cortex préfrontal) trop élevé par rapport à l'objet désiré.

Cette boucle fonctionne plus ou moins efficacement chez chacun d'entre nous, en fonction de notre histoire personnelle, du contexte socioculturel, de notre état du moment.


Mais une chose nous concerne tous : la disparition d'une monnaie que l'on peut palper, sentir, voir, semble court-circuiter cette boucle protectrice contre des achats physiquement douloureux pour nous et notre porte-monnaie.



Le temps des espèces sonnantes et trébuchantes sera peut-être un jour définitivement révolu.


À l'heure où, déjà, un simple scan oculaire, une passe de carte bancaire ou de smartphone sans contact, ou l'appui sur un bouton peuvent déclencher instantanément l'achat,

En attendant le futur déjà si proche où des capteurs cérébraux anticiperaient une pensée d'achat avant même que l'on en ait conscience.


Si l'argent retrouvait de l'odeur,

On y retrouverait peut-être plus de sens.



Et l'hypnose dans tout ça ?

Sous hypnose, il y a un renforcement des connexions entre l'insula et une zone du cortex préfrontal : c'est ce qui permet notamment d'ajuster certaines réactions physiques (palpitations, respiration, rougeurs, transpiration...) liées à certaines pensées ou stress - outil précieux dans les phobies mais aussi les allergies, entre nombreux autres.


Mais aussi de manière un peu différente, en explorant ses propres valeurs, tout ce qui compte vraiment, ce pour quoi on se lève le matin.

La différence entre les réponses conscientes et celles formulées sous hypnoses est parfois surprenante... 
La prise de conscience, déstabilisante sur le coup , peut nous orienter vers d'autres comportements, d'autres représentations du monde, d'autres façons d'être avec soi et les autres.


Et à une échelle plus globale, nous aurions tous beaucoup à gagner si l'on se repositionnait par rapport à la valeur argent...






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