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Hypnose & arythmie : la raison a ses cœurs

Avant, au temps de l’Égypte antique, on pensait que c’était le cœur qui portait les émotions et la raison, donc tout ce qui met en vie.

Aujourd’hui, au temps de la médecine empirique, on sait que c’est le cœur qui pompe le sang et le propulse dans tout le corps, cerveau compris.


Avant, en Égypte antique, on faisait peu de cas du cerveau : extirpé par les narines puis jeté, il n’était pas considéré comme un organe noble à momifier.

Aujourd’hui, au temps de la médecine empirique, pourrait-il être noble d’assoupir les idées que l’on se fait sur les liens entre le cœur et le cerveau ?


Aujourd’hui, on a découvert que le cœur a son propre cerveau : un système nerveux intracardiaque, un ensemble de fibres nerveuses en lien avec le cerveau situé plus haut.


Aujourd’hui, on observe qu’un cœur en bonne forme est de bon augure pour s’assurer qu’un cerveau qui ne va pas mal non plus. Tous les précipitants classiques des maladies cardiovasculaires ( diabète, surpoids, sédentarité, cigarette dépression etc. ) ont effectivement tendance à renforcer l’épouvantail nommé « démence(s) ».


Aujourd’hui, le chemin cœur-cerveau prend tout son sens dans la cohérence cardiaque.

Cette pratique toute simple consiste à inspirer 5 secondes puis expirer 5 secondes pendant 5 minutes chaque jour.

De cette façon, on entraîne son nerf vague à mieux faire encore ce qu’il nous fait comme bien : à savoir calmer tout ce qu’il est bon de calmer à certains moments ( la pression artérielle, l’inflammation, les battements irréguliers du cœur, le vague à l’âme persistant, les vagues d’insuline aléatoires … ).


On peut donc décider de respirer pour amener notre cœur à nous faire du bien.

Mais alors, quand le cœur s’affole… pourrait-on aussi décider de ne pas le sentir s’affoler ?


Une récente étude suisse rapporte deux histoires de patients dont les rythmes cardiaques sont partis sérieusement en vrille.

Son titre : « Cardioversion sous hypnose : l'hypnose comme banale spectatrice ou comme complice coupable ? »


La première histoire : un homme de 69 ans hypertendu et sujet à l’angor de poitrine ( une sensation de douleur thoracique en étau sous l’effet d’un stress ).

Deux jours après un pontage coronarien et malgré les interventions de l’équipe médicale, il souffre toujours d’arythmie et d’une grande anxiété.

Une séance d’hypnose à J+6 du pontage lui permet de retrouver un rythme cardiaque normal ( validé par l’électrocardiogramme ) et l’impression de retrouver un battement du cœur normal ( validée par lui-même ).


La deuxième histoire : une femme de 24 ans arrivant aux urgences avec des douleurs abdominales dans un contexte de gastro(entérite). Anxieuse et assez agitée, elle développe une tachycardie marquée qui ne répond pas aux premières manœuvres pour y remédier. Une séance d’hypnose lui permet un retour à un rythme normal ( et d'éviter d'autres actes médicaux, dont l'injection d'adénosine à visée diagnostique ).


Le mécanisme pourrait être le suivant : l’état d’hypnose module l’activité du cortex cingulaire antérieur ; lui-même en étroite relation avec le système nerveux autonome ( nerf vague te revoilà ) ; s'ensuivent relaxation musculaire, diminution de la pression artérielle et décélération du palpitant.


Deux « simples » histoires, histoire de se repencher sur ce lien particulier entre cœur et cerveau.

Histoire d’évoquer aussi d’autres études explorant les bénéfices potentiels de l’hypnose dans l’accompagnement de troubles et opérations soignés sous un angle purement « cardio » ou organique.



Avant, au temps de l’Égypte antique, sur la balance du tribunal divin après la mort, la pesée du cœur face à une plume tranchait entre vie éternelle ou une errance éternelle.


Aujourd’hui, en des temps souvent mécaniques au point d’en devenir eux-mêmes pathologiques, le cerveau-raison et le cœur -organe pèsent bien parfois lourd sur nos balances internes qui s'efforcent de trancher.


Demain, peut-être en sera-t-il autrement.

À moins que ça n’ait déjà commencé …



“ 𝑁'𝑎𝑦𝑜𝑛𝑠 𝑛𝑖 𝑙𝑎 𝑡𝑒̂𝑡𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑐œ𝑢𝑟, 𝑛𝑖 𝑙𝑒 𝑐œ𝑢𝑟 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑡𝑒̂𝑡𝑒. ”

𝐽𝑜𝑠𝑒𝑝ℎ 𝑅𝑜𝑢𝑥



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